Notebook LM vs Student Space – 3e étape et fin de la comparaison

Pour cette troisième étape, je me suis limiter à explorer les outils de Student Spaces. (La première et le deuxième partie de ma comparaison sont ici si ça vous intéresse.)


J’ai testé tous les outils présents dans la section « Study tools » de Student Spaces. Ils fonctionnent… Je n’entrerai pas dans le détail, mais ça fait ce qu’Adobe voulait probablement, c.-à-d. de synthétiser, découper et pré-digéré l’ensemble du contenu pour aider un étudiant à l’étudier.

En général, l’étudiant n’a rien à faire.
Il demande un podcast et l’obtient.
Il demande un vidéo et l’obtient.
Il demande des « flascards » et il l’obtient. S’il redemande des « flashcards », elle seront sur un autre sujet ou adopteront un autre angle.
Il demande une carte conceptuelle et il l’obtient.

L’étudiant n’a plus ou moins rien à faire… C’est très simple. Tu appuies sur le bouton et l’IA prépare ton matériel d’études.

En surplus, l’outil créé par Adobe fait souvent mieux que Notebook LM sur le plan de la présentation. Par exemple, quand tu demandes un balado, tu obtiens le balado et son verbatim. C’est un bonus intéressant sur le plan de l’apprentissage ou plus simplement pour favoriser la compréhension. Les vidéos sont aussi une voix avec un document de présentation comme dans Notebook LM, mais il y a de l’animation dans les diapos.

Du côté de la critique, les outils d’études produits sont souvent en anglais et on ne peut pas, pour le moment, demander à ce qu’ils soient en français. J’ai tenté de changer la langue par défaut pour le français, mais ça ne fonctionnait pas pour moi. C’est peut-être en lien avec l’abonnement à Acrobat de mon institution (j’ai testé sur mon ordinateur de travail)? On peut imaginer qu’il sera bientôt facile de changer de langue…

La préparation de présentations est un peu différente des autres outils. Pour cet outil l’étudiant a beaucoup de contrôle. Il peut décider de la langue (il suffit de lui dire dans le prompt), du gabarit, il peut éditer le contenus des diapos et les diapos après leur production par l’IA, etc. Ça c’est vraiment une belle fonctionnalité! L’étudiant peut aussi prendre quelques décisions dans la conception de son plan d’étude, mais l’outil lui offre aussi de créer un ensemble complet automatiquement incluant le matériel.


Normalement, j’aime les outils qui ne font qu’une seule chose et qui sont simples à utiliser. On peut ainsi plus facilement les insérer dans un scénario pédagogique ou les combiner avec d’autres outils.

Mais ici j’ai un malaise…

Le contexte et la fonction de l’outil sont importants et je crois qu’il faut les prendre en compte. Cet outil a été créé pour aider des jeunes à étudier. L’IA prend toutes les décisions! Si l’étudiant lui demande, l’IA va même structurer ses séances d’études à sa place.

L’outil créé par Adobe est parfait… si l’éducation et aller à l’école se résume à apprendre par coeur ou à réussir un examen.

Quid d’apprendre à apprendre?

Quid de développer les métacompétences des jeunes?

Quid de l’agentivité de l’apprenant? De sa créativité?


Je crois qu’on fait un peu fausse route ici. Pour moi c’est une utilisation dangereuse de l’IA qui se substitut à un humain et pourrait bien l’empêcher de développer des compétences fondamentales, des compétences qui sont nécessaires pour, plus tard, utiliser l’IA comme un tremplin.

Est-ce une bonne idée de placer les jeunes dans une situation ou ils sont très peu engagés dans la planification de leur étude?

Je ne crois pas…

On les prive alors d’une occasion, de lire, résumer, catégoriser, de faire des liens, d’apprendre à déterminer ce qui est importants, etc.


Conclusion?

Adobe Student Spaces est un outil intéressant avec du potentiel, mais je ne le recommanderais pas à un étudiant pour le moment. La vision de l’apprentissage et de l’éducation qu’il traduit ne me semble pas bien alignée avec ce que nous savons de l’apprentissage, du bon usage des technologies, etc.

Je vais assurément y jeter un œil de temps à autre pour voir la direction qu’Adobe prendra avec cet outil. Ils vont assurément poursuivre le développement de l’outil.

Mais pour le moment, je vais conserver Notebook LM dans mon sac à dos et continuer de le présenter aux enseignants et aux étudiants. Il est plus flexible et laisse plus d’agentivité aux utilisateurs, et cela sans les priver de la puissance de l’IA.

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