Dimanche, 23 juin 2024
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Plaidoyer sur l’importance de l’information régionale

La crise des médias à laquelle nous sommes exposés depuis quelques années a des impacts considérables sur l’accessibilité à l’information. À l’UQAC, nous sommes préoccupés par les bouleversements qui traversent nos médias présentement. Je vous partage ce texte signé par mes collègues de la direction et moi, qui s’inscrit dans la foulée de la mobilisation régionale tenue le 16 novembre dernier, dans la région, pour soutenir nos médias. Cette lettre ouverte a aussi été publiée dans le journal Le Quotidien cette fin de semaine.

Notre université contribue à la richesse de notre région mais également de tout le Québec. Par le biais de nos équipes professorales et nos chargé(e)s de cours, nous participons quotidiennement à enrichir l’information et les débats de société en misant sur la science pour apporter l’éclairage nécessaire à une meilleure compréhension des enjeux rapportés sur la place publique. Les médias, sous toutes leurs formes, nous accompagnent dans notre mission de diffusion et de vulgarisation de la science en la rendant accessible au plus grand nombre. Les médias donc, représentent des lieux et des outils démocratiques, mais également de démocratisation de nos contenus. Ils contribuent, comme les universités le font en misant sur la transmission, la diffusion et la production de connaissances, à rendre la société meilleure en offrant une vitrine sur nos réalités et sur celles du monde. Une démocratie en santé repose sur une population informée, nul besoin de le rappeler. Le droit à l’information est fondamental et nous travaillons sans relâche à développer l’esprit critique de nos communautés universitaires en misant sur l’importance des données probantes pour appuyer toute forme d’argumentaire.

Or, l’accès à des sources d’information diversifiées, vérifiées et de qualité est en péril partout au Québec en raison des difficultés que rencontrent actuellement nos médias. La voix des régions risque pour sa part de s’éteindre lentement sur l’échiquier médiatique national et nous craignons de la voir réduite à un lourd silence que nous ne pouvons accepter. Parce que la voix des régions c’est la nôtre, mais c’est également celle d’une partie importante de la grande communauté universitaire dont nous faisons partie, celle de l’Université du Québec, étalée dans près de 40 municipalités. La disparition qui guette des institutions médiatiques implantées partout au Québec depuis parfois plus d’un siècle est inquiétante : certaines salles de presse sont désormais réduites à leur minimum, les nouvelles en provenance de nombreuses communautés québécoises risquent fort de ne plus être couvertes, leur portée n’étant pas suffisamment large pour justifier une couverture journalistique. Or, la vitalité de nos milieux repose entre autres sur leur capacité à se faire connaître et à avoir une voix au chapitre du développement du Québec.

Notons qu’avant même l’arrivée de la pandémie de COVID-19, l’information locale vivait déjà son lot de bouleversements, notamment en raison de la révolution numérique. Les médias doivent faire évoluer leur modèle et l’adapter aux nouvelles habitudes de consommation de l’information, notamment des jeunes. Mais toute transformation apporte ses défis, qui plus est, dans un environnement où la pression économique est grande et les changements pressants, presque imposés. Nous sommes inquiets du vide médiatique qui semble s’installer peu à peu autour de nous et de la désinformation et du désintérêt auquel il peut laisser place en ouvrant la porte à des médias alternatifs commandités par des intérêts politiques, privés ou par toute autre motivation n’ayant que peu de lien avec la liberté de presse.

Les gouvernements provincial et fédéral font actuellement montre de bonne volonté avec des crédits d’impôt pour la presse écrite et autres formes de subventions pour soutenir l’information locale. Vraisemblablement, cela ne semble pas suffire. La responsabilité d’être bien informé pour mieux comprendre le monde qui nous entoure est à la fois collective et individuelle. Plus les jeunes seront exposés aux médias d’information, plus ils développeront leur curiosité intellectuelle, la connaissance de leur environnement, leur esprit critique et leur envie d’en savoir toujours davantage. Cette situation concerne donc également les instances politiques de proximité et les familles. Nous avons un rôle à jouer à titre d’institution d’enseignement supérieur et continuerons de l’exercer, entre autres, en incitant notre corps enseignant à saisir toutes les occasions offertes pour prendre part à l’actualité et aux débats pour participer à son enrichissement. Individuellement, nous avons aussi un rôle à jouer parce que nous avons le devoir citoyen de prendre des décisions éclairées pour le bien commun. Or, cet éclairage n’est possible que par l’accès à une diversité de sources d’information crédibles. Au Québec, des indices nous portent à croire que cette précieuse diversité médiatique s’effrite peu à peu… que pouvons-nous faire de plus pour conserver notre voix partout sur le territoire?

Ghislain Samson, Ph.D., recteur
Dominique Biron, DBA, vice-rectrice aux affaires administratives et aux ressources
Mohamed Bouazara, Ph.D., vice-recteur à la recherche, la création, l’innovation et aux partenariats
Étienne Hébert, Ph.D., vice-recteur à l’enseignement, à la formation et à la réussite

Mes meilleurs vœux pour la période des fêtes
Au nom des membres du comité de direction et en mon nom personnel, je profite de ce dernier blogue en 2023 pour vous souhaiter une excellente période des fêtes en compagnie de vos proches et une année 2024 sous le signe de la santé durable, du bonheur et de la réussite!

 

 

 

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