Colloque jeunes chercheurs

Appel à communications

« À la rencontre de l’Autre sous l’Ancien Régime: pouvoir, traditions et constructions identitaires »

colloque « jeunes chercheurs » CIREM16-18/CRPA

logo-ciremS’il est indéniable que la découverte du Nouveau Monde fut l’occasion d’un choc cognitif et culturel profond pour les peuples européens, il faut admettre que le choc fut plus grand encore pour ces peuples d’Amérique qui ont vu des étrangers investir leurs territoires et se les approprier. La rencontre de l’Autre, certes, permet au soi de se définir, et c’est dans la confrontation des cultures que les constructions identitaires se dévoilent, se déclinent et se précisent; mais cette définition de soi peut également impliquer la négation de l’altérité, son ensevelissement systématique sous les manifestations d’un pouvoir – militaire, technologique, puis culturel – dominant. Lorsque l’Européen rencontre l’autochtone d’Amérique du Nord, il fait globalement le choix d’affermir le mythe de son pouvoir et de sa destinée téléologique. Se penser comme Autochtone, Français, Européen, Américain ou citoyen du monde implique la connaissance de ce choix du pouvoir, de l’évolution du mythe de la progression évangélique au sein duquel se sont pensées les dissemblances et ressemblances dont témoigne abondamment ce qu’il est convenu d’appeler la « littérature de contact », soit l’ensemble des écrits qui thématisent la rencontre entre les cultures du Nouveau Monde et de l’Ancien. Cependant, il est d’autres corpus –philosophiques, théologiques, historiques, politiques, journalistiques– qui font état à la même époque de fractures sociales et identitaires au sein même des sociétés européennes et qu’il conviendrait aussi d’interroger afin de prendre la juste mesure de l’identité dominante qui a été exportée vers le Nouveau Monde. Enfin, il est certain que la rencontre de traditions aussi radicalement étrangères que celles que l’on découvre sur le nouveau continent n’a pu laisser cette identité intacte. Le choix du pouvoir relevant toujours du mythe, il ne peut aller dans les faits, en définitive, qu’au-devant de ses failles, de son altération, de son altérité.

Bien sûr, l’identité européenne fut loin d’être monolithique, et des voix se sont élevées (dont celle de Montaigne fut sans doute l’une des plus retentissantes) pour relativiser le mythe du pouvoir occidental. Comment se sont confrontées les différentes conceptions de l’identité colonisatrice dans les discours d’alors? Que peut-on déduire comme savoir utile du choc de ces rencontres – rencontres des cultures, rencontres des idées – et des secousses qu’elles occasionnent pour la période concernée? Peut-on tirer des enseignements du jeu des comparaisons auquel se livrent les différentes élites européennes? Quels échos fiables subsiste-t-il de ces cultures qui ignoraient l’écriture? Si, vraiment, les traditions sont des vecteurs d’identification pour une communauté donnée, dans quelle mesure leur confrontation a-t-elle pu conduire à des identités nouvelles?

De nature interdisciplinaire, ce colloque CIREM16-18/CRPA se tiendra à l’Hôtel-Musée des Premières Nations de Wendake (près de Québec) les 21 et 22 juin 2018 et accueillera les jeunes chercheurs (des étudiants à la maîtrise ou au master ainsi que des doctorants et postdoctorants) œuvrant dans les différents champs des sciences humaines, de la littérature à la philosophie, en passant par l’histoire (de l’art, de la musique, des sciences, du langage, etc.).

Les communications inédites ne devront pas dépasser les vingt minutes allouées à chaque participant. Les propositions de communication en français (titre et résumé de 250 mots, niveau d’étude, affiliation institutionnelle) devront être envoyées aux organisateurs avant le 26 février 2018 à l’adresse suivante : crpa@uqac.ca. Les Cahiers du CIERL (Éditions Hermann, Paris) accueilleront les articles issus des communications après examen par le comité organisateur et scientifique du colloque.

Le comité organisateur : Mélissa Lapointe, Paul Kawczak, Marie-Andrée Gill, Marc-Antoine Mailloux.

Directeur scientifique : Luc Vaillancourt

Être femme autochtone

itineraireLe journal L’itinéraire – du groupe L’itinéraire, qui a pour mission de réaliser des projets d’économie sociale et des programmes d’insertions socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d’itinérance, d’isolement social, de maladie mentale ou de dépendance –, consacre son dernier numéro à la femme autochtone sous la direction de la poète et artiste innue originaire de Pessamit Natasha Kanapé Fontaine. Un dossier, « être femme autochtone », partant du constat qu’un grand nombre de femmes de différentes nations se retrouvent aujourd’hui au cœur des organismes communautaires ou des regroupements en milieu autochtones les plus connus à Montréal, revient sur les particularités et les enjeux de l’itinérance autochtones mais également sur le rôle fondamental accordé traditionnellement aux femmes dans plusieurs communautés autochtones. Des figures féminines autochtones contemporaines d’importances sont mises de l’avant comme Viviane Michel, présidente des femmes autochtones du Québec; Suzy Basile, chercheuse et première femme atikamekw à avoir obtenu un doctorat; Mélissa Mollen-Dupuis, nommée « ambassadrice de conscience » par Amnistie Internationale pour son implication dans le mouvement Idle no more ou encore Sophie-Claude Miller, Chantale Verreault et Kim Deslisle, intervenantes issues des Premières Nations travaillant pour l’organisme accueillant des itinérantes autochtones chez Doris. En plus de ce dossier, plusieurs autres articles et rubriques du journal sont consacrés aux réalités et enjeux autochtones au Québec. Ce numéro passionnant, n’ayant rien à envier aux grands quotidiens nationaux, peut être acheté auprès des différents camelots de L’itinéraires ou directement sur le site internet.

Paul Kawczak

Résonance des paroles autochtones

RÉSONANCE DES PAROLES AUTOCHTONES

Du 14 au 16 juin 2017 se déroulait à l’UQAC le premier colloque de la Chaire de recherche sur la parole autochtone (CRPA) intitulé Paroles retrouvées – Paroles exhumées. Voix autochtones dans les écrits de la Nouvelle-France. Nous avons parlé à Luc Vaillancourt, titulaire de la CRPA et professeur au Département des arts et lettres de l’UQAC, afin d’en savoir plus.

Par Jessica Lavoie
http://ceuc.ca/2017/06/14/resonance-des-paroles-autochtones/