Table des matières
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Liminaires
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La liberté d’expression: thèmes et relations
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La liberté d’expression: proximité sémantique
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Les temps forts de la liberté d’expression
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La liberté d’expression au Québec et dans le reste du Canada: une perspective internationale
Liminaires
Introduction
Ce Portrait 2026, le premier du genre, est une analyse d’un corpus composé de plus de 84 000 articles recensés dans les médias traditionnels canadiens (presse, radio et télévision). Il propose une analyse structurée en trois volets : une cartographie thématique de la liberté d’expression, un panorama des temps forts de l’actualité canadienne et québécoise, et une mise en perspective internationale. Le deuxième volet s’appuie sur une analyse de contenu de 644 articles (269 pour les médias francophone set 375 pour les médias anglophones), échantillon statistiquement représentatif du corpus pour l’année 2025, avec une marge d’erreur de 4% et un niveau de confiance de 95%.
En tant qu’étude scientifique, ce Portrait est un baromètre des expressions et représentations de la liberté d’expression dans les sociétés québécoise et canadienne, révélant les sujets qui la cristallisent, les tensions qui la traversent, les mots par lesquels elle se dit, les termes dans lesquels elle se discute, et les acteurs qui la négocient et la définissent. On ne saurait sous-estimer l’importance que prennent les expressions de ce pilier fondamental des démocraties libérales, particulièrement dans le contexte actuel. C’est pourquoi nous espérons que ce Portrait contribuera à mieux comprendre les enjeux qui la composent.
Méthodologie
Ce rapport repose sur une approche de recherche quantitative et qualitative utilisant diverses techniques de traitement automatique du langage (TAL) appliquées à un vaste corpus d’articles de presse recueillis par l’Observatoire de la circulation de l’information (OCI) La démarche méthodologique se décline en quatre phases : la constitution du corpus, l’enrichissement sémantique, l’analyse thématique et la visualisation des données.
1. Constitution du corpus. Les données ont été extraites d’une base de données regroupant des articles de presse canadienne collectés par l’OCI au cours de l’année 2025 (N= 84 403) Les médias recensés ont été choisis sur la base de l’encyclopédie collaborative « Wikipédia », complétée par les bases de données de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et de Bibliothèque et Archives Canada. Le corpus a été filtré selon des critères linguistiques (français et anglais) et géographiques (Québec et reste du Canada) afin de permettre une analyse comparative (ratio structurel de 1,7 article anglophone pour 1 article francophone) Une attention particulière a été portée à la pertinence des articles en s’assurant de la présence de mots-clés spécifiques à la liberté d’expression (notre corpus contient moins de 4,4% de faux positifs, avec un niveau de confiance de 95% et une marge d’erreur de 3%). Au fil de nos recherches, nous avons créé une ontologie permettant d’établir une arborescence thématique de la liberté d’expression
2. Enrichissement sémantique. Chaque article a fait l’objet d’un traitement automatique pour en extraire les métadonnées pertinentes. Ce processus inclut l’identification d’entités nommées (personnes, organisations, lieux, etc ) et l’attribution de mots-clés thématiques à partir de notre ontologie Parallèlement, les articles ont été classés selon la nomenclature internationale de l’IPTC (International Press Telecommunications Council) et des catégories propres à l’étude de la liberté d’expression, permettant ainsi de situer les enjeux dans des domaines précis
3. Analyse thématique. Pour identifier les événements marquants de l’année, une analyse de la densité temporelle des publications a été effectuée, permettant de détecter les « pics » d’actualité. Ces moments de forte production médiatique ont été analysés à l’aide d’algorithmes de groupement (« clustering ») et de modèles de langage pour synthétiser les principaux sujets de discussion et identifier les acteurs dominants au sein de chaque thématique.
4. Visualisation des données. Les données ont été synthétisées sous forme de visualisations graphiques Ces outils permettent d’illustrer la distribution des thématiques liées à la liberté d’expression, l’évolution temporelle de l’intérêt médiatique ou la répartition géographique des enjeux Cette approche rigoureuse permet de transformer un volume massif de données textuelles brutes en indicateurs structurés, offrant une vision d’ensemble des dynamiques de l’espace médiatique québécois et canadien en lien avec la liberté d’expression
Faits saillants
- Mésinformation et désinformation: deux langues, deux vocabulaires. Les fausses informations constituent un enjeu d’importance comparable dans les médias anglophones et francophones (19,2 % et 19 %), bien que les premiers parlent davantage de « mésinformation » (54 % du sous- corpus, ratio normalisé1 6,2 pour 1) et les seconds de « désinformation » (67 % du sous-corpus, ratio normalisé 0,82 pour 1).
- Surreprésentation de figures politiques états-uniennes et prédominance de Donald Trump dans nos médias. 48 % et 52 % des dix personnalités les plus citées dans les médias québécois et du reste du Canada sont états-uniennes; Trump est mentionné respectivement 3,4 et 3,6 fois plus que Carney, 4,4 fois plus que François Legault et 8,3 fois plus que Danielle Smith.
- La droite conservatrice, référent politique dominant des médias canadiens. La droite conservatrice domine la couverture médiatique des deux corpus : 71,5 % au Québec et 72 % dans le reste du Canada. Cet écart s’estompe en excluant les articles sur Trump (51/49 et 50/50), mais se creuse dès qu’on retranche ceux mentionnant les chefs d’État et de gouvernement (ou de l’opposition) (66 % au Québec et 85 % dans le reste du Canada).
- La liberté d’expression au Québec, sujet marginal des médias anglophones. Le Québec est mentionné dans 56 % des articles francophones, contre 15 % des articles anglophones Les articles mentionnant uniquement le Québec représentent 1 % des articles anglophones contre 19 % des articles francophones; les articles faisant référence à la fois au Canada et au Québec représentent 17 % des articles francophones contre 2,5 % des articles anglophones.
- Les médias francophones et l’ancrage québécois de l’actualité internationale. Alors que les médias anglophones situent l’actualité internationale sur la liberté d’expression dans un cadre canadien ou mondial, les médias francophones tendent à l’ancrer dans la réalité québécoise Le fait que 56 % des articles francophones mentionnent le Québec comme référent territorial et que les manifestations contre l’équipe Israël-Premier Tech au Grand Prix cycliste de Montréal représentent le 3e pic de publication francophone sur les mobilisations autour de la guerre à Gaza illustrent cette tendance structurelle.
- La mort de journalistes, point de bascule éditorial des la couverture anglophone sur les mobilisations autour de la guerre à Gaza. Le bombardement de l’hôpital Khan Younès le 25 août, qui a coûté la vie à 5 journalistes, est abordé de manière factuelle3 (87 %) Sept jours plus tard, les médias anglophones se font le relais de la vague d’indignation mondiale : 83 % des articles évoquant la Flottille Global Sumud la situent dans le contexte de violation des droits humains (génocide, famine) Ce basculement, exclusivement anglophone, se double d’une polarisation : tous les articles d’opinion4 publiés ce jour-là, le 1e septembre, dénoncent la campagne de désinformation anti-israélienne.
- Plus de prises de position dans les médias anglophones, des contenus plus orientés dans les médias francophones. Les médias anglophones et francophones publient un pourcentage équivalent d’articles factuels sur les sujets relatifs à la liberté d’expression (autour de 67 %) Si les médias anglophones recourent plus volontiers à l’opinion explicite (7 % contre 4,5 %) tandis que les médias francophones privilégient l’orientation5 tacite (29 % contre 25 %), les deux corpus convergent en faisant des grèves un sujet qui génère davantage d’articles d’opinion (14 % et 10 %).
>La liberté d’expression: thèmes et relations
Activités associées à la liberté d’expression
Dans les médias du reste du Canada
Dans les médias du Québec
- le militantisme et la liberté de manifester dominent la couverture de la liberté d’expression dans les médias québécois et du reste du Canada. Ces deux types représentent plus de la moitié des occurrences (55 % dans les médias québécois, 57 % dans les médias du reste du Canada). Ces résultats suggèrent que la liberté d’expression est surtout appréhendée sous l’angle de l’action collective.
- Le militantisme : l’activisme constitue l’activité expressive la plus fréquemment évoquée dans les deux sous-corpus, avec une présence légèrement plus forte dans les médias francophones (28,4 % contre 22,9 %).
- La liberté de manifester : si les médias québécois et du reste du Canada recourent aux termes « manifestants » et « protesters » dans des proportions équivalentes (respectivement 11% et du 12% du corpus total), les seconds se distinguent par l’usage plus fréquent du qualificatif « pacifique ».
- La grève : là où les médias du reste du Canada traitent les grèves et les lignes de piquetages surtout comme un événement, les médias québécois les abordent davantage sous l’angle du droit du travail. Le « droit de grève » est explicitement mentionné dans 12% des articles (contre 2% pour le reste du Canada) et le thème des « briseurs de grève » est explicitement mentionné dans 3,7% d’entre eux (contre moins de 1% pour le reste du Canada).
Expressions préjudiciables
Dans les médias du Québec
- Près d’une expression préjudiciable sur trois recensées dans le corpus québécois est une expression malveillante (24% au total), suivie des expressions discriminatoires (23%), des informations fausses (22%) et des expressions offensantes (21%).
- La violence psychologique constitue la sous-catégorie la plus représentée des expressions préjudiciables (25% du corpus), suivie par les expressions dénigrantes (16%) et la désinformation (13%).
- Les expressions haineuses constituent plus d’une expression discriminatoire recensée sur deux (54,5%), devant les expressions racistes (16%), antisémites (10,5%), anti-LGBTQ+ (8%), sexistes (7%), xénophobes (2%) et islamophobes (1%).
Dans les médias du reste du Canada

- Les expressions malveillantes constituent près de la moitié des expressions préjudiciables recensées dans le corpus du reste du Canada (45%), suivies par les informations fausses (21%), les expressions (20%) et les expressions offensantes (14%).
- La violence psychologique constitue la sous-catégorie la plus représentée des expressions préjudiciables (29% du corpus), suivie par les expressions haineuses (10,6%) et la catégorie « Autres » (10,1%), composée d’expressions malveillantes génériques (« make threats », « online harms », « online threats », etc.).
- Les expressions haineuses constituent 52% des expressions discriminatoires recensées dans le corpus du reste du Canada, suivies des expressions racistes (15,6%), antisémites (15,3%), anti-LGBTQ+ (7%), sexistes (5%), xénophobes (3%) et islamophobes (1%).
CONCLUSIONS
- Les expressions préjudiciables sont plus présentes dans les médias du reste du Canada que dans ceux du Québec, aussi bien en volume (25 425 contre 8 183 articles, soit un ratio brut de 3,1 articles pour 1, et un ratio normalisé de 1,8 article pour 1) qu’en proportion de leur corpus respectif sur la liberté d’expression (48% contre 26%).
- La surreprésentation des expressions préjudiciables dans les médias du reste du Canada repose principalement sur la part des expressions malveillantes (soit un ratio brut de 4,1 articles publié dans les médias du reste du Canada pour 1 article publié dans les médias du Québec, ou un ratio normalisé de 2,4 pour 1).
- Les expressions offensantes (dénigrantes et inconvenantes) sont proportionnellement moins présentes dans les médias du reste du Canada (14% des expressions préjudiciables) que dans ceux du Québec (21%), malgré une fréquence brute légèrement plus élevée (ratio brut de 2,1 pour 1). Le ratio normalisé de 1,2 pour 1 révèle qu’à taille de corpus égale, les médias du Québec et du reste du Canada couvrent ce phénomène dans des proportions presque équivalentes. L’écart de proportions observé (21% contre 14%) s’explique ainsi par la surreprésentation des autres catégories d’expressions préjudiciables dans les médias anglophones.
- Les expressions xénophobes apparaissent 4,4 fois plus souvent dans les médias du reste du Canada que dans les médias du Québec (ratio normalisé de 2,6 pour 1), ce qui en fait la catégorie la plus fortement surreprésentée parmi les expressions discriminatoires. La même tendance est observée pour les expressions antisémites et islamophobes, avec un ratio de 4 pour 1 pour chacune (ratio normalisé de 2,4 pour 1).
>La liberté d’expression: proximité sémantique
Médias francophones

- Polarisation idéologique
Ce regroupement montre comment la liberté d’expression est associée à la montée de la polarisation, des autoritarismes et des discours haineux en Occident.
- Conflits dans le milieu éducatif
Ce regroupement fait du milieu éducatif un terrain d’observation privilégié des tensions et conflits sur la liberté d’expression, entre mobilisation étudiante propalestinienne et censure de livres dans les écoles albertaines.
- Puissances médiatiques
Ce regroupement signale le déplacement des enjeux de liberté d’expression vers les médias et les plateformes numériques, notamment autour des questions de réglementation et de censure.
- Cas factuels
Ce regroupement rassemble des affaires liées aux limites de la liberté d’expression, dont celle d’un infirmier sanctionné pour avoir relayé des théories complotistes et celle d’un Ottavien condamné pour son appartenance à un groupe néonazi.
Médias anglophones

- Interventionnisme présidentiel
Ce regroupement met en évidence les attaques de Trump contre les médias, notamment avec la suspension de Jimmy Kimmel. Il inclut également le domaine de la politique étrangère sous l’angle des tarifs et de la guerre en Ukraine.
- Mesures coercitives aux États-Unis
Ce regroupement montre comment la liberté d’expression s’est jouée sous l’angle de la répression de la contestation étudiante propalestinienne et des mesures à l’encontre de TikTok.
- Droits et libertés civiles en Amérique du Nord
Ce regroupement cartographie un ensemble de discours sur les instruments de contrainte institutionnelle, légale, coercitive, réglementaire, numérique, et les menaces perçues ou réelles qu’ils font peser contre les libertés civiles.
- Vie politique canadienne
Ce regroupement met en évidence les débats sur la liberté d’expression lors des élections fédérales et à la suite des campements propalestiniens (associés à l’antisémitisme).
CONCLUSION
La différence la plus frappante est l’existence dans les médias francophones d’un regroupement orienté vers la polarisation idéologique. Les concepts qui s’y retrouvent sont intégrés, dans le cas des médias anglophones, dans des regroupements thématiques et événementiels. Cela suggère que les médias francophones ont publié davantage d’articles développant des réflexions plus générales sur la démocratie, tandis que les médias anglophones ont eu tendance à ancrer leurs réflexions dans la conjoncture politique américaine.
>Les temps forts de la liberté d’expression
Les 10 sujets les plus traités
Médias francophones

Médias anglophones

1. Les grèves et les conflits de travail prédominent dans la couverture médiatique canadienne. S’ils relèvent immédiatement de la liberté d’association (alinéa 2d de la Charte canadienne des droits et libertés, Saskatchewan Federation of Labour c. Saskatchewan [2015] 1 RCS 245), les manifestations, dont le piquetage, sont reconnues comme une forme d’expression collective protégée (B.C.G.E.U. c. British Columbia (Procureur général) [1988] 2 RCS 214).
2. Les manifestations contre les politiques de l’administration Trump arrivent en seconde position dans le traitement médiatique. La liberté de manifester s’ancre dans deux libertés fondamentales: la liberté d’expression et la liberté de réunion pacifique (alinéa 2c de la Charte canadienne), les deux étant intimement liées (Renvoi relatif à la Public Service Employee Relations Act [1987] 1 RCS 313).
3. Les mobilisations contre la guerre à Gaza figurent au troisième rang des sujets liés à la liberté d’expression les plus couverts par les médias francophones (et au quatrième rand pour les médias anglophones), en couvrant aussi bien les manifestations et les rassemblements en lien avec le conflit, que les actions militantes, la liberté de la presse, mais aussi les répressions et cas de censure qui en ont découlé.
Quelles sont les grèves les plus couvertes par les médias francophones?

Analyse des trois premiers pics:
- 23-24 mai: Grève des heures supplémentaires
Le traitement médiatique de la grève de Postes Canada est orienté négativement dans 90% des cas, que ce soit par le choix des angles ou la sélection des sources. 10% des articles expriment une opinion ouvertement critique envers les syndicats.
- 26 septembre: Grève générale illimitée
Si 41% des articles adoptent un traitement strictement factuel, le reste du corpus révèle une diversité de postures éditoriales. Près d’un article sur cinq (18,5%) maintient un cadrage factuel tout en accordant une place privilégiée au point de vue syndical. 15% des articles adoptent une opinion ouvertement critique envers Postes Canada. Deux autres cadrages se partagent équitablement 22% du corpus: l’un centré sur les répercussions négatives pour les entreprises, l’autre insistant sur les effets négatifs à long terme des réformes proposées sur les services à la population. Enfin, 3,5% des articles se concentrent sur les perturbations occasionnées par la grève pour les usagers.
- 20 mai: Négociations dans l’impasse
La couverture médiatique des négociations chez Postes Canada est massivement factuelle (96%). Le reste regroupe des articles d’opinion qui insistent sur les risques que la grève fait peser sur les entreprises canadiennes.
Quelles sont les grèves les plus couvertes par les médias anglophones?

Analyse des trois premiers pics:
- 18-19 août: Ordre de retour au travail des agents de bord de Air Canada
Les articles factuels, majoritaires (69%), portent essentiellement sur l’ordonnance de retour au travail et de son rejet par le syndicat (74%). Les articles orientés (23%) insistent sur les perturbations vécues par les voyageurs et leurs sentiment d’être « pris en otage » (90%). Enfin, les articles d’opinion (10%) se partagent entre une critique du recours aux lois de retour au travail (43%), un plaidoyer pour une solution négociée (43%) et une mise en garde concernant le risque d’impopularité de la stratégie syndicale (14%).
- 26 septembre: Les postiers en grève
Les articles factuels, largement majoritaires (88%), sont dominés par le récit du déclenchement de la grève (63%), complété par des informations pratiques à destination des usagers (18,5%), des alertes du syndicat sur le risque de privatisation (8,5%) et du suivi local et communautaire de la grève (10% cumulés). Les articles orientés (22%) donnent la parole aux grévistes (50%), insistent sur les inquiétudes des milieux d’affaires (37,5%), et relaient la position du gouvernement appelant à une entente tout en défendant les réformes (12,5%).
- 7 octobre: Début de la grève des enseignants
Les articles strictement factuels (35%) couvrent les développements du conflit. Les articles orientés (30,5%) adoptent une cadrage majoritairement négatif et insistent sur les impacts économiques de la grève pour les familles (43%), sur les mises à pied potentielles du personnel de soutien scolaire (36%) et sur les critiques portées par le syndicat contre le gouvernement albertain (7%), tout en réservant une place marginale aux initiatives de solidarité communautaire (14% cumulés). Les articles d’opinion (35%) se structurent autour d’une critique du modèle éducatif de l’Alberta: plus de quatre articles sur cinq dénoncent le sous-financement du réseau public au profit du privé (81,25%). Des positions plus marginales appellent à l’abolition des syndicats enseignants (12,5%) et plaident pour un retour à la table de négociation (6,25%).

CONCLUSIONS
- Une couverture des conflits de travail différente. Alors que les médias francophones proposent une couverture intensive, prolongée et consacrée à un seul conflit de travail (trois pics médiatiques concentrés sur le conflit à Postes Canada), les médias anglophones opèrent à l’inverse une couverture extensive et diversifiée (trois pics médiatiques pour trois conflits distincts).
- Un prisme économique à géométrie politique variable. Si la dimension économique constitue le prisme dominant du traitement médiatique, les deux corpus l’abordent sous des angles différents: viabilité des entreprises publiques du côté francophone, impacts sur les acteurs privés du côté anglophone (petites entreprises canadiennes, familles albertaines, Air Canada). La politisation des conflits diverge également: la grève des enseignants albertains génère 35% d’articles d’opinion anglophones (dont 81% dénoncent la politique de Danielle Smith), tandis que les médias francophones ciblent, dans le conflit à Postes Canada, la gestion de la société d’État plutôt que la politique gouvernementale.
- Une divergence de vue sur le « droit de grève ». Les deux presses n’abordent pas de la même façon la question de la légitimité de l’action syndicale. Les médias francophones abordent la grève chez Postes Canada comme un fait social légitime, sans jamais remettre explicitement en question le droit des travailleurs à cesser le travail. Même les articles les plus critiques ciblent l’entreprise ou le gouvernement plutôt que le syndicat lui-même. Le cadrage négatif implicite des 90% d’articles orientés du 2e pic (23-24 mai) portent sur la viabilité de l’entreprise, non sur la légitimité de la grève, même s’ils soulignent que cette dernière contribue à l’accentuer. Les articles d’opinion publiés dans les médias anglophones introduisent des nuances normatives sur la légitimité de la grève: 14% d’entre eu sur la grève à Air Canada voient d’un bon œil la potentielle reprise en main de la situation par le gouvernement; 12,5% d’entre eux sur la grève des enseignants albertains en appellent à l’abolition des syndicats d’enseignants et 6,25% estiment qu’elle n’est pas justifiée. Les médias anglophones ne publient aucun article d’opinion sur la grève de Postes Canada.
- Fait notable. 6,5% des articles neutres du pic du 18-19 août des médias anglophones introduisent une dimension québécoise dans la couverture de la grève d’Air Canada en relayant la crainte de deux syndicats québécois sur les implications du PL 89 (Loi visant à considérer davantage les besoins de la population en cas de grève ou de lock-out) pour les travailleurs québécois. La grève d’Air Canada est présentée comme le signe d’une restriction gouvernementale plus large du droit de grève dont les effets pourraient se propager à d’autres secteurs et à d’autres provinces.
Quelles sont les manifestations contre les politiques de Trump les plus couvertes par les médias francophones?

Analyse des trois premiers pics:
- 9 juin: Escalade militaire à Los Angeles
La neutralité factuelle domine (68%), centrée sur l’escalade militaire (déploiement de la Garde nationale puis des Marines), et ses contestations institutionnelles par les autorités californiennes (gouverneur, mairesse et procureur général). Derrière une neutralité formelle, 21% des articles laissent transparaître une orientation: la moitié d’entre eux souligne la responsabilité de Trump dans cette escalade, l’autre moitié introduit une lecture émotionnelle de ces événements à travers le témoignage de Québécois inquiets présents sur place (33%) et l’idée d’une peur généralisée chez les habitants (17%). Les articles d’opinion (11%), minoritaires, mais tranchés, s’accordent majoritairement (67%) pour qualifier le déploiement de la Garde nationale de dérive autoritaire.
- 12 juillet: Décision judiciaire et manifestations contre ICE
La couverture francophone du 12 juillet sur les manifestations anti-expulsions aux États-Unis est intégralement factuelle et neutre (100 %) et se structure autour de deux événements distincts. Le premier (77 %) concerne la décision d’une juge fédérale ordonnant à l’administration Trump de mettre fin aux contrôles aléatoires de ICE. Le second (23 %) porte sur un raid de ICE dans une ferme près de Los Angeles qui a entraîné la mort d’un ouvrier agricole et provoqué des affrontements avec des manifestants.
- 29-30 mars: Journée mondiale contre Tesla
Le pic francophone des 29-30 mars sur les manifestations anti-Tesla révèle une couverture intégralement factuelle répondant à une logique scalaire allant du global au local. La journée mondiale d’action contre Tesla et ses répercussions au Canada dominent (66 %), avant de se resserrer sur la région de Vancouver et les enjeux de sécurité autour des concessionnaires Tesla (27 %), pour ne consacrer qu’une place marginale aux manifestations américaines (7 %).
Quelles sont les manifestations contre les politiques de Trump les plus couvertes par les médias anglophones?

Analyse des deux premiers pics:
- 9-10 juin: Escalade militaire à Los Angeles
La couverture de la presse anglophone des 9-10 juin sur les manifestations anti-expulsions aux États-Unis est dominée par un corpus neutre et factuel (90%). Le bras de fer institutionnel entre Trump et le gouverneur Newsom constitue l’angle dominant (19 %), suivi de l’escalade militaire (17,5 %), l’incendie de véhicules Waymo (15 %) et une journaliste australienne blessée par la police (12 %). Des angles secondaires complètent le tableau : le discours de Trump à Fort Bragg qualifiant Los Angeles de « tas d’ordures » (8 %), la propagation des protestations à l’échelle nationale (6,9 %), et une série d’éléments contextuels marginaux (7,8%): fausse publication Craigslist, convocation de Pete Hegseth devant les membres du Congrès, manœuvres législatives républicaines en Caroline du Nord. Les articles orientés (5%) inscrivent le déploiement de la Garde nationale dans une tradition historique américaine de répression des mouvements sociaux, tout en soulignant la singularité du contexte actuel (manifestations majoritairement pacifiques et dérive autoritaire de Trump). Les articles d’opinion (5%) se penchent surtout sur les limites des pouvoirs présidentiels (50 %).
- 24 mars: Décision judiciaire et manifestations contre ICE
La couverture anglophone du 24 mars sur les manifestations anti-Tesla est intégralement factuelle et neutre et s’organise autour de quatre sujets: l’exclusion de Tesla du Salon de l’auto de Vancouver, qui bat des records d’assistance à cette occasion (37 %); le récit de l’expérience d’une étudiante américaine à Glasgow illustrant les mouvements de boycott associant Trump, Musk et Tesla, et la montée du sentiment antiaméricain (31,5 %); la découverte de dispositifs incendiaires dans une concession Tesla à Austin (21 %); enfin le témoignage de propriétaires de Tesla de Terre-Neuve-et-Labrador souhaitant se dissocier de l’engagement politique de Musk (10,5 %).
CONCLUSIONS
- Manifestations anti-expulsions: Les médias francophones adoptent une posture nettement plus engagée de la couverture de l’escalade militaire à Los Angeles: 21 % d’articles orientés et 11 % d’opinion (bien au-dessus de la moyenne francophone des articles d’opinion de 4,5 %) dépeignant un climat de peur et de dérive du pouvoir, articulé autour de l’opposition Trump/autorités californiennes (53 % des articles factuels). Les médias anglophones, à l’inverse, demeurent largement neutres (90 %), avec une plus grande diversité des angles factuels (la confrontation Trump/Newsom ne représente que 19 % des articles factuels). Cette divergence est d’autant plus significative que le 2e pic francophone (12 juillet, 26 articles) bascule vers une neutralité absolue (100 %), les trois quarts portant sur la décision judiciaire fédérale limitant ICE, ce qui suggère que les médias francophones, après avoir exprimé leur indignation, se tournent vers les réponses institutionnelles comme horizon de résolution. La mort d’un ouvrier agricole lors d’un raid de ICE, couverte dans un quart des articles du 2e pic, ne génère aucun article orienté, révélant une retenue éditoriale face à un événement à forte charge émotionnelle.
- Manifestations anti-Tesla: Les médias anglophones et francophones affichent une neutralité absolue (100 %), sans aucun article d’opinion ou orienté. La divergence la plus révélatrice porte sur leurs points d’entrée respectifs. Les médias anglophones abordent le sujet le 24 mars d’une manière indirecte et collatérale, à travers, d’une part, un événement commercial et symbolique (l’exclusion de Tesla du Salon de l’auto de Vancouver, qui bat des records d’assistance, 37 %), et, d’autre part, une dimension identitaire et transnationale (l’expérience d’une étudiante américaine à Glasgow illustrant la montée du sentiment antiaméricain, 31,5 %). Les médias francophones, à l’inverse, investissent le sujet les 29-30 mars, soit au moment de la journée mondiale d’action, par un angle conflictuel et collectif : la mobilisation organisée contre Tesla et ses manifestations canadiennes (66 %), focalisée sur Vancouver et ses enjeux sécuritaires (27 %).

Quelles sont les mobilisations autour de la guerre à Gaza les plus abordées par les médias francophones?

Analyse des trois premiers pics:
- 25 août: Bombardement de l’hôpital Khan Younès
La couverture francophone du 25 août sur le bombardement de l’hôpital de Khan Younès se structure autour de deux registres. Les articles neutres, majoritaires (70%), couvrent principalement la mort de journalistes dans la frappe israélienne (67 %), de paire avec la réaction de Netanyahou qualifiant l’événement d’« accident tragique » (3 %). Les articles orientés (30 %) se concentrent sur les condamnations internationales des frappes israéliennes : une minorité (22 %) leur consacre un traitement autonome, tandis que la majorité (78 %) les aborde comme élément contextuel d’une couverture plus large de la famine à Gaza, centrée sur la condamnation d’Israël par Ottawa.
- 4-5 octobre: Interception de la Flottille Global Sumud
Les médias francophones des 4-5 octobre couvrent l’arraisonnement de la Flottille Global Sumud d’une manière neutre (52 %) et orientée (48%). Le cadrage neutre repose sur trois angles: la détention de deux Canadiens en lien avec la flottille humanitaire (24 %), les manifestations internationales suscitées par l’arraisonnement de la Flottille (19 %), et l’expulsion des militants vers leur pays d’origine (9 %). Le second cadrage est implicitement critique envers les autorités israéliennes et décrit les mauvais traitements infligés aux militants par Israël. Il représente près de la moitié du corpus (48 %).
- 14 septembre: Vuelta et Grand Prix Cycliste de Montréal
Les médias francophones du 14 septembre abordent les manifestations contre l’équipe Israël-Premier Tech selon deux registres. La couverture neutre (73 %) inscrit l’événement dans un cadre international, les manifestations lors du Tour d’Espagne dominant à 55 %, avant de se concentrer sur celles lors le Grand Prix Cycliste de Montréal (36 %) et de Québec (9 %). Les articles orientés (27 %), exclusivement centrés sur le Grand Prix Cycliste de Montréal, adoptent un cadrage sécuritaire et négatif envers les manifestants, axés sur les perturbations subies par les coureurs.
Quelles sont les mobilisations autour de la guerre à Gaza les plus abordées par les médias anglophones?

Analyse des trois premiers pics:
- 1e septembre: Vague d’indignation
Dans le corpus anglophone du 1e septembre consacré à la Flottille Global Sumud, 83 % des articles sont orientés et abordent la Flottille moins comme une action militante que vecteur de sensibilisation de deux réalités distinctes : d’une part, le sort de la population palestinienne à Gaza (à travers la qualification de la guerre comme « génocide » par l’International Association of Genocide Scholars (75 %), et les alertes d’experts sur le risque de famine (21 %)), et, au second plan, le sort des otages israéliens, évoqués à travers la grogne de la société civile israélienne lors des funérailles d’un ancien otage (4 %). Cette orientation critique envers Israël coexiste avec des articles d’opinion (7 %, publiés dans le Toronto Sun) qui dénoncent la propagande anti-israélienne dans les médias.
- 25 août: Bombardement de l’hôpital de Khan Younès
La couverture anglophone du 25 août sur le bombardement de l’hôpital de Khan Younès est dominée par un traitement strictement factuel (87 %) organisé en trois axes : la frappe israélienne ayant tué 19 personnes dont 5 journalistes, le décès d’un pigiste de l’Associated Press dans la frappe, et l’intervention de Netanyahou qui déplore un « accident tragique ». Les articles orientés (13 %), abordent le bombardement comme sujet subsidiaire permettant de contextualiser deux enjeux distincts: la réaction consternée d’une sénatrice démocrate face au bombardement (67 %) et la crise humanitaire à Gaza(33 %).
- 5 octobre: Interception de la Flottille Global Sumud
Les médias anglophones couvrent l’interception de la Flottille Global Sumud par Israël essentiellement sous l’angle de ses implications nationales : l’arrestation de deux ressortissants canadiens et la réponse d’Affaires mondiales dominent à 79% les articles neutres (67 %), tandis que les articles orientés (33 %) mettent en cause les mauvais traitements infligés aux militants de la Flottille (86% du sous-corpus) et le silence du gouvernement Carney (14%). La présence de Greta Thunberg parmi les détenus (7 % des articles neutres) et les manifestations européennes (14 %) complètent ce tableau.
CONCLUSIONS
- Khan Younès et Global Sumud : deux événements, deux lectures, un déclencheur éditorial. Deux divergences d’ordre éditorial caractérisent le traitement médiatique de la guerre à Gaza. La première relève de la sélection des sujets: les médias francophones placent le bombardement de Khan Younès en tête (30 articles, ratio normalisé 2,2 pour 1) tandis que les médias anglophones privilégient la Flottille (29 articles le 1e septembre contre 9 articles francophones le même jour, soit un ratio normalisé de 5,4 pour 1). La seconde porte sur le registre éditorial: sur le bombardement (25 août), les médias francophones produisent près de quatre fois plus d’articles orientés (30 % contre 13 %, ratio normalisé 3,9 pour 1). Le pic du 1e septembre sur la Flottille signale à l’inverse une convergence, la qualification de génocide par l’International Association of Genocide Scholars ayant provoqué un même basculement éditorial vers un registre orienté dans les deux presses (83 % anglophone, 78 % francophone). Le 5 octobre, les deux presses retrouvent une neutralité dominante comparable (67 % anglophone, 73 % francophone), confirmant le caractère conjoncturel de ces basculements éditoriaux.
- Une particularité anglophone : une couverture polarisée de la guerre à Gaza. Le pic anglophone du 1e septembre est analytiquement indissociable du bombardement de Khan Younès sept jours plus tôt (19 morts, dont 5 journalistes), cette atteinte directe à la liberté de la presse semblant avoir fonctionné rétrospectivement comme un catalyseur éditorial. La structure des articles orientés (83 %) est révélatrice : la Flottille y est presque toujours traitée comme l’élément subsidiaire d’un contexte plus large de violation répétée des droits humains (la qualification de génocide par un organisme académique international (75 %), l’intensification de l’offensive et la famine à Gaza (21 %), la grogne de la société civile israélienne contre une politique guerrière allant à l’encontre de la vie des otages (4 %)). Les articles d’opinion (7 %), tous publiés dans le Toronto Sun, adoptent une posture radicalement opposée en assimilant ce cadrage dominant comme partie intégrante d’une campagne de désinformation anti-israélienne et pro-Hamas. Ces articles révèlent une polarisation médiatique interne qui s’efface lors de la couverture de l’interception de la Flottille le 5 octobre, redevenue factuellement neutre à 67 %.
- Une particularité francophone : les manifestations contre l’équipe Israël-Premier Tech. Cet événement local génère dans les médias francophones une couverture aussi importante que certains événements directement liés au conflit, suggérant une tendance des médias québécois francophones à couvrir la guerre à Gaza par le prisme de la société civile locale et des mobilisations militantes, plutôt que par celui des événements géopolitiques directs.

>La liberté d’expression au Québec et dans le reste du Canada: une perspective internationale
Cartographie des pays les plus mentionnés dans les médias du Québec

Cartographie des pays les plus mentionnés dans les médias du reste du Canada

FAITS SAILLANTS
- La dimension internationale occupe une place importante dans le traitement médiatique de la liberté d’expression au Canada (76,5%) et au Québec (69,9%).
- La France se présente comme un pays de référence dans l’espace médiatique québécois.
- Les médias québécois font proportionnellement davantage référence au Canada que leurs homologues du reste du pays (31,1% contre 23,5%).
- Le Moyen-Orient occupe une place centrale dans l’espace médiatique canadien, portée en grande partie par la présence d’Israël (troisième pays le plus cité dans les médias du reste du Canada et quatrième dans les médias québécois).
Les 10 personnalités les plus mentionnées dans les médias du Québec
Incluant les chefs d’État, de gouvernement et de l’opposition

Excluant les chefs d’État, de gouvernement et de l’opposition

Les 10 personnalités les plus mentionnées dans les médias du reste du Canada
Incluant les chefs d’État, de gouvernement et de l’opposition

Excluant les chefs d’État, de gouvernement et de l’opposition

Tableau 1
Tableau 2
Tableau 3
- Un agenda médiatique politiquement orienté. Premier point de convergence majeur entre les médias canadiens: la droite conservatrice domine la couverture des personnalités les plus citées de façon presque identique (71,5 % du côté québécois, 72 % pour le reste du Canada), suggérant un déséquilibre dans la représentation médiatique des champs politiques.
- Un effet Trump. La comparaison des deux premiers tableaux révèle l’effet considérable de Trump sur la distribution politique des références médiatiques. Sans Trump, la répartition droite/gauche atteint une parité quasi parfaite dans les deux presses (51/49 au Québec, 50/50 au Canada). Avec Trump, la droite domine à hauteur de 71-72 %. Ce résultat confirme la place structurellement dominante de Trump dans la couverture médiatique des personnalités politiques, qui génère à lui seul environ 20 points d’écart dans la représentation médiatique de la droite au Québec et dans le reste du Canada. Notons que la présence médiatique des membres de l’administration Trump est écrasante dans les médias du reste du Canada en l’absence des chefs d’état et de gouvernement (fédéraux et provinciaux).
- Le tableau 3 révèle une représentation proportionnellement plus importante des personnalités de gauche dans les médias québécois que dans ceux du reste du Canada. Ce résultat reflète peut-être le contexte politique de la période analysée : gouvernements conservateurs au pouvoir dans plusieurs provinces du Canada et couverture intensive des tensions politiques et géopolitiques impliquant des dirigeants de droite conservatrice.
Répartition des articles par région dans les médias canadiens
La géographie de l’actualité sur la liberté d’expression dans les médias canadiens
- Le Québec presque absent de la presse anglophone. Avec seulement 1 % d’articles portant exclusivement sur le Québec et 2,5 % combinant le Canada et le Québec, la presse anglophone traite le Québec comme une aire marginale.
- L’international, un cadre de référence pour l’actualité canadienne anglophone. La catégorie International-Canada atteint 45 % dans la presse anglophone, quatre fois le score francophone (11%). Cela signifie que près de la moitié des articles anglophones recadrent systématiquement l’actualité internationale dans une perspective canadienne, ou vice versa.
- Le Québec au cœur de la presse francophone. La presse francophone se distingue par un ancrage territorial québécois marqué, avec 19% d’articles exclusivement québécois et 37% l’associant avec d’autres régions.
- Sur les sujets strictement internationaux, les deux presses convergent. Les médias anglophones et francophones convergent sur la couverture purement internationale (23% et 22%), accordant une importance comparable aux événements mondiaux non recadrés localement.












