La pensée géographique

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Quoi?

Selon Déry (2018, S.D.), les composantes de la pensée géographique sont les concepts (territoire, métropole, risque naturel, patrimoine), les compétences, connaissances, les techniques (utilisation de repères spatiaux, lecture et interprétation de cartes, construction de schémas/croquis géographique), les démarches de recherche. Un élève qui pense géographiquement considère l’espace selon quatre dimensions: l’espace comme contenant (décrire, mesurer, quantifier un phénomène, le monde physique), l’espace comme système de relation de position (identifier les relations spatiales, localiser, établir les interrelations), l’espace comme lieu de perception (comprendre les perceptions des individus et des institutions selon leurs expériences), l’espace comme construit (agir sur, avec et dans l’espace dans sa vie quotidienne).

Pourquoi?

Le modèle de la pensée géographique est un défi important qui implique six concepts de base. Ces concepts permettent d’analyser de manière critique et de résoudre des problèmes. L’intégration de situations problématiques dans le curriculum permet à l’étude de la géographie de devenir une série de problèmes à raisonner plutôt qu’une liste d’informations à mémoriser.

Le modèle de la pensée géographique selon Cooper et al.(2016)

Voici les six concepts clés de la pensée géographique :

  • Importance spatiale: Ce concept aide à déterminer et à évaluer les aspects des phénomènes géographiques et de leur emplacement qui méritent l’attention. Il rassemble toutes les questions concernant l’intérêt et la portée des phénomènes géographiques. Pour déterminer l’importance géographique d’un problème, il faut d’abord déterminer les raisons qui le rendent intéressant, puis établir l’ampleur de son impact sur la société et l’environnement.
  • Constantes et tendances: Ce concept invite à déduire des informations de la variation et de la distribution des phénomènes géographiques à travers le temps et l’espace. Les géographes recherchent les constantes et les tendances lorsqu’ils s’interrogent sur des éléments de continuité et de changement dans l’organisation spatiale.
  • Interrelations: Ce concept examine comment les facteurs humains et naturels s’influencent réciproquement. L’environnement humain et l’environnement naturel exercent l’un sur l’autre une influence profonde qui transcende le temps et l’espace.
  • Perspective géographique: Ce concept s’intéresse aux caractéristiques et identités humaines et physiques qui distinguent un endroit en particulier, telles que comprises selon différentes perspectives. Développer une compréhension holistique des qualités d’un lieu signifie parvenir à une connaissance en profondeur de cet espace.
  • Appel aux sources et interprétation: Ce concept examine les preuves issues de sources qui peuvent être employées en géographie comme appui aux conclusions et dans quelle mesure ces sources justifient l’interprétation d’un phénomène. Il est important d’examiner la justesse, la pertinence et l’exactitude des sources. Les élèves doivent apprendre à examiner minutieusement les sources et à s’interroger sur la qualité des interprétations qu’elles proposent.
  • Jugement sur le plan géographique: Ce concept central évalue à quel point les pratiques et les résultats associés aux actions et événements géographiques étudiés sont souhaitables ou responsables. Il évalue l’attrait des différentes décisions géographiques.

Ces six angles d’entrée se chevauchent souvent dans le curriculum en géographie. Un élément du curriculum peut être étudié grâce à plus d’un concept de la pensée géographique. Peu importe le concept sélectionné, la pensée géographique est un moyen permettant de transformer le contenu factuel d’un cours de géographie en un sujet d’analyse.

Comment?

Application pratique en classe

Ainsi, un enseignant souhaitant appliquer la pensée géographique dans un contexte de classe (socio)constructiviste, pourrait construire sa planification autour d’une question d’enquête géographique mobilisant un des concepts de la pensée géographique de Cooper et al. (2006) (Importance spatiale : «Pourquoi les Iles Galapagos ont-elles été choisies comme patrimoine de l’Humanité?»; Interrelation : «Quelles sont les modifications du territoire occasionnées par la construction des grands barrages hydroélectriques?»).

Après avoir fait une mise en contexte en s’assurant que les élèves aient un minimum d’information pour se débrouiller, l’enseignant fournit à ses élèves un dossier de documents pour tenter de répondre à la question d’enquête. Selon l’âge et la capacité des élèves, cette étape peut être plus ou moins longue. 

Ainsi, un enseignant cherchant à développer un de ces concepts pourrait:

  • Importance spaciale: faire évaluer pourquoi certains lieux très élignés sont important pour des gens de partout dans le monde.
  • Constances et tendances: à l’aide de photographies historique d’un lieu, il pourrait faire réfléchir les élèves sur les tendances futures pour ce lieu.
  • Interrelations:il pourrait faire réfléchir les élèves sur l’impact de grandes constructions sur l’environnement et de l’environnement sur la vie de l’homme (barrages hydroélectirques).
  • Perspective géographique:faire réaliser les différents points de vue de différents groupes envers un lieu précis.
  • Appel aux sources:présenter aux élèves une graphiques / une carte manistement orienté pour montrer un argument (carte promotionnelle, graphiques politiques, etc.).
  • Jugement géographique: Demander aux élèves de rendre position de manière argumenté sur une question géogrpahique

À partir de ce point, l’enseignant devient un guide à la recherche guidée. Ceci mènera à une étape de construction de la réponse à la question d’enquête, réponse pouvant transiter par le médium qui inspirera l’enseignant.